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Je l'aurais bien mise dans la rubrique "insolite", mais à y regarder de plus près ce que nous propose
Michel Duquesnoy est bien plus qu'une "idée folle". On n'est pas le 1er avril et ce n'est ni un cuistax de la côte, c'est juste une Ferrari "auto-école"... ou presque ! Etant à Francorchamps pour établir des contacts, je suis tombé sur une Ferrari 355 jaune presque des plus classiques. Il est vrai qu'à part sa teinte couleur nationale de la Belgique, rien ne justifiait autant d'attention. Pourtant en passant à côté et alors ques portes étaient grandes ouvertes, je dûs me rendre à l'évidence qu'elle était vraiment différente. Une différence qui vous "pète" au visage directement car cette Ferrari 355 possède... 2 volants et 6 pédales comme sur une voiture d'auto-école ! ![]() Après la cause et l'effet, la raison fait jour sur le fait que Michel Duquesnoy est moniteur et prodigue ses connaissances et compétences sous forme de stage de pilotage. - (HP) Pourquoi choisir une Ferrari ? - (MD) Pourquoi pas ! La 355 est bien équilibrée, fiable et finalement après avoir participé au Challenge du même nom, elle vit une belle retraite... et moi aussi (rires) ! - Elle fait "auto-école", ne manque que la pub sur le toit, non ? - Oui, on pourrait en poussant l'humour à son paroxisme, mais vous ne pouvez pas vous imaginer le temps et les astuces qu'un tel montage demande. Tout est doublé : volant et pédales. - Question de sécurité ? - Pas seulement. Les gens qui viennent apprendre sont plus libérés, plus détendus. Ils savent qu'en cas de situation extrême, je peux reprendre la main... euh... le volant directement. C'est donc un plus tant pour le pilote que moi. - Un tel montage est unique. Qu'en pense Ferrari ? - Pas besoin d'en parler et c'est bien pour cela que cette 355 est unique. Le constructeur est au courant de son existence de par divers reportages, mais cela en reste là. Pour moi, cela ne change rien sinon que j'ai mis du temps pour sa réalisation. D'un point de vue purement technique, l'opération n'est pas trop contraignante, mais il faut synchroniser le tout. L'espace étant compté, tout passe au millimètre. Le moindre jeu peut provoquer un frottement sur un support ou une durite, il faut donc être précis afin de ne pas se retrouver avec les gaz bloqué à fond ou de telle sorte que je reprenne le cap en cas de perdition. - Qu'en pense le stagiaire ? - Au début, il est perturbé. Voir deux volants tournés en même temps, ça fait drôle. Une fois l'étonnement passé, il n'y fait plus attention. Ce qui se passe au niveau trajectoire, freinage capte toute sa vigilance. A la fin, il est même plutôt ravi de l'avoir fait dans ses conditions. Apprendre sous le stress de mettre une telle GT dans le bac ou le rail n'est pas une bonne chose. Ici rien de cela. - Le choix des circuits d'écolage est donc aussi important ? - Oui. Et celui d'Abbeville est le must pour cela. Il n'a l'air de rien, mais il est varié, technique et bien dégagé. Mais les stages peuvent se dérouler sur d'autres circuits : Val de Vienne, Croix-en-Ternois, Zolder, Francorchamps comme aujourd'hui par exemple, c'est selon. - Avez-vous différents niveaux d'apprentissage ? - Niveaux, on ne peut pas forcément en parler comme ça, mais la première chose que j'apprends au stagiaire, c'est la glisse ! - La glisse ? - Oui car si vous avez une appréhension et que la voiture part en travers, c'est le tête-à-queue assuré. C'est physique et pour toutes les voitures, Ferrari ou pas. C'est déjà là que se justifie la présence et l'utilité des double commandes. Je laisse faire cependant en fonction de la situation. Je m'abstiens d'intervenir et le stagiaire apprend mieux. Il comprend sa faute, sait que je suis là au cas où... - Et après ? - Après ? C'est plus "fin". Etant libre de son "démon", le stagiaire peut et apprend plus vite. Il est plus ouvert aux conseils, aux remarques. Le dialogue est vraiment plus facile et du coup il s'améliore. Bon, il est irréaliste de croire que vous serez pilote F1 en sortant d'un tel stage, mais au niveau "gentleman driver", vous êtes dans le bon peloton. Qui sait, au quotidien cela peut servir aussi ! - Vous avez fait du karting, du rallye, du tourisme, responsable de stage en F3 notamment, cela peut aller loin au niveau écolage ? - Oui, à condition de le vouloir. Ici à Francorchamps par exemple, le niveau peut être très élevé et avec certains cela va vite... Et même assis à droite, je prends plaisir. C'est dire ! Bon, vous l'aurez compris : un stage de formation en Ferrari 355 Challenge qui peut déboucher par un de pilotage, ça démange... D'autant que vous le ferez dans une Ferrari unique au monde ! Pour les infos, suffit d'aller voir le site de Michel Duquesnoy. |
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